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VIIIème Congrès de l’Association pour la Recherche Inter-Culturelle (ARIC)

Construction des mémoires collectives par l’histoire à l’école et/ou en dehors de l’école : Le cas du Rwanda dans la période de 1962 à 1994

par Jean-Damascène GASANABO

Ce texte de Jean-Damascène GASANABO ne constitue pas un travail terminé. Il s’agit d’une recherche en cours dans le cadre d’une thèse de doctorat présenté au VIIIème Congrès de l’Association pour la Recherche InterCulturelle (ARIC) à l’Université de Genève le 24-28 septembre 2001.


Le génocide rwandais d’avril à juillet 1994 a causé entre 800’000 et un million de victimes.

Dans le but de comprendre un petit peu comment les gens qui se connaissaient, qui parlaient la même langue, qui fréquentaient les mêmes lieux publics, dont les enfants se côtoyaient dans les mêmes écoles, dont les mariages mixtes avaient unis les familles, ont pu en arriver là, nous allons aborder ce travail sous l’angle de l’enseignement de l’histoire.

L’interprétation d’une partie de l’histoire du Rwanda est source de mésentente, voire de conflits. Cette étude porte sur la construction des mémoires collectives chez les Rwandais.

La thèse analysera successivement les contenus des manuels scolaires d’histoire, les contenus des ouvrages de référence à partir desquels ces manuels scolaires ont été élaborés, ainsi que des entretiens avec des Rwandais sur l’histoire du pays.


I. INTRODUCTION

Dans une période d’après guerre, l’enseignement de l’histoire a souvent été remis en cause.

L’histoire apprise à l’école et/ou en dehors de l’école peut avoir des effets sur le comportement des populations. A l’école, subtils et pernicieux peuvent être les effets des contenus des manuels scolaires d’histoire. Celle-ci, perçue comme le miroir et le gardien de la mémoire, véhicule des référents culturels.

Son contenu, par définition, est donc propice à susciter un regard sur les différences, regard qui peut être objectif et pacifique, ou subjectif et partisan. Le contenu de certains manuels illustre parfois une image négative de « celui qui est différent » prédisposant l’élève à le percevoir comme un « ennemi naturel » (Laville, 1984, p.78).

Au Rwanda, l’histoire du pays n’a été enseignée qu’entre l’indépendance (1962) et le génocide (1994). Avant l’indépendance, les élèves apprenaient l’histoire de la Belgique, pays colonisateur, de l’Afrique et d’autres continents.

Après le génocide, les nouvelles autorités ont accusé le système éducatif de « n’avoir pas su éviter l’autodestruction du pays » et ont mis clairement en cause « les manuels scolaires d’histoire et d’éducation civique à tous les degrés d’enseignement » (MINEPRISEC & MINESUPRES2, 1995, p. 16). D’où la décision de suspendre l’enseignement de l’histoire du Rwanda jusqu’à ce que de nouveaux manuels soient élaborés. Jusqu’à présent (au moment où nous envoyons ce texte, novembre 2001), l’histoire du Rwanda n’est toujours pas enseignée dans les écoles, sauf à l’université.

(...)

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