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LA CONFERENCE DE GOMA ET LA QUESTION DE LA PRESENCE DES FDLR AU SUD ET NORD-KIVU : ETAT DES LIEUX
Par Aloys Tegera
Conférence sur la paix, la sécurité et le développement des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu tenue à Goma du 6 au 23 janvier 2008.
La conférence sur la paix, la sécurité et le développement des provinces du Nord-Kivu et du
Sud-Kivu tenue à Goma du 6 au 23 janvier 2008 s est soldée par la signature d un acte
d engagement des groupes armés, du gouvernement congolais et des représentants de la
communauté internationale. Au regard de la décision précipitée de tenir une telle conférence
au lendemain de la défaite militaire des Forces Armées de la République Démocratiques du
Congo (FARDC) à Mushaki en décembre 2007, l impréparation et les difficultés logistiques
subséquentes, la signature de cet acte d engagement fut un soulagement pour nombre
d observateurs et un signe d espoir pour les deux Kivu. D abord cet acte d engagement offre
un cadre de travail intéressant pour les parties en conflit. Pour le Président de la République
acculé par les va-t-en guerre autour de lui, il peut utiliser cet acte d engagement comme un
événement fondateur pour faire les choses autrement. A son arrivée au pouvoir en janvier
2001 il a su privilégier une solution négociée avec les belligérants et rien ne l empêche de
recourir à la même stratégie qui lui avait valu le respect au sein de la communauté nationale et
internationale. Pour les différents groupes armés, la conférence de Goma fut une occasion de
reconnaissance dans la mesure où elle leur a permis de sortir de la clandestinité pour devenir
des acteurs fréquentables dans les négociations en cours. Cet acte d engagement est dans l ensemble accueilli comme un panneau indicateur qui montre
la bonne direction à prendre. Cependant tout panneau indicateur n indique que la direction et
la distance à parcourir, il revient aux acteurs significatifs engagés dans la négociation de
prendre résolument la route et mener à bout la course entreprise. Le désaccord actuel entre le
gouvernement et le CNDP autour du contenu de l ordonnance portant création de la
commission technique mixte montre qu il y aura sur le chemin à parcourir du mauvais temps
et du brouillard. Mais s il y a une volonté de se dépasser de la part des parties en négociations,
il y aura toujours une lumière au bout du tunnel. Le succès comme l échec de l acte
d engagement signé dépend en définitive de ses propres signataires. Ceci dit, le plus difficile reste la question de la présence des FDLR que la conférence de
Goma souhaite résoudre dans le cadre des accords de Nairobi signés en novembre 2007 entre
le Rwanda, les Etats Unis et la République Démocratique du Congo. D aucuns s inquiètent de
ce transfert de compétence à une tripartite dont les rouages du fonctionnement restent encore
à mettre en place. Dans l entre temps, les FDLR arrivées au Kivu en juillet 1994, et dont
certains parmi les dirigeants sont accusés d avoir participé activement au génocide rwandais, font la pluie et le beau temps dans plusieurs zones du Nord et Sud-Kivu. Finalement qui sont
ces FDLR qui ont pris en étau les deux Kivu et dont dépend toute paix durable dans la sousrégion
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AU SUD ET NORD-KIVU : ETAT DES LIEUX.






